Cale de pierre et voiliers au mouillage à marée haute, ligne de marée visible sur le mur, Finistère Sud

Horaires des marées à Beg-Meil et Fouesnant : ce qu’ils changent vraiment

Sur cette côte, l’heure de la marée décide de la journée plus sûrement que la météo. Une basse mer à midi en août, et la plage de la cale double de surface. Une pleine mer de vive-eau, et la même plage se réduit à une bande de sable au pied du mur. Voici où trouver les horaires justes, et surtout ce qu’ils changent, plage par plage.

L’essentiel avant de partir

  • Le coefficient affiché partout est celui de Brest, référence nationale. Il est valable ici tel quel.
  • Les horaires se lisent sur Bénodet ou Concarneau : Bénodet, Concarneau. Les deux ne sont séparés que de trois minutes.
  • Ce qu’il ne faut pas faire : appliquer les hauteurs d’eau de Brest à Beg-Meil. L’écart dépasse le mètre.
  • L’heure de la basse mer décale d’environ 50 minutes par jour. Le coefficient, lui, évolue lentement sur 14 jours.

Où lire les horaires de marée à Fouesnant

Trois sources font autorité sur ce secteur.

  1. Le calendrier des marées de l’office de tourisme de Fouesnant, calé sur Bénodet et mis à jour chaque année à partir des données du SHOM. Il donne basse mer, pleine mer, coefficient et hauteur d’eau pour chaque jour de l’année. C’est la source la plus directe pour la commune.
  2. Le portail maree.shom.fr, du Service hydrographique et océanographique de la Marine. C’est la source officielle française, celle dont découlent toutes les autres.
  3. maree.info, qui publie sous licence SHOM. Le marégramme visuel permet de voir d’un coup d’oeil la forme de la marée du jour, ce qu’un tableau de chiffres ne montre pas.

Une habitude simple : vérifier le coefficient la veille, et l’heure de basse mer le matin même. Le coefficient monte et descend progressivement sur un cycle de quatorze jours, il ne réserve pas de surprise. L’heure de la basse mer, elle, décale d’environ 50 minutes chaque jour : une sortie qui tombait bien hier à 15h tombe mal aujourd’hui.

Brest, Concarneau, Bénodet : lequel regarder

C’est une confusion fréquente, et elle mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle ne porte pas sur ce qu’on croit.

Le coefficient de marée est calculé sur Brest, port de référence national. Il mesure l’amplitude relative d’une marée, pas une heure et pas une hauteur. Le coefficient lu sur n’importe quelle application est donc juste, ici comme ailleurs sur la façade atlantique.

Les heures, en revanche, changent d’un point à l’autre du littoral, parce que l’onde de marée met du temps à se propager. Sur ce secteur, le port principal au sens du SHOM est Concarneau. Bénodet est un port rattaché, et c’est la référence que l’office de tourisme de Fouesnant a retenue pour son calendrier. Beg-Meil se trouve entre les deux.

Voici l’écart réel, relevé le même jour sur les trois ports :

Brest

11h47

référence nationale
du coefficient

Concarneau

11h38

port principal
du secteur

Bénodet

11h41

référence du calendrier
de Fouesnant

Heure de la pleine mer du matin, relevée le même jour sur les trois ports. Neuf minutes séparent Brest de Concarneau, trois minutes séparent Concarneau de Bénodet.

Autrement dit : sur l’heure, la question ne se pose pas vraiment. Moins de dix minutes séparent Brest de Beg-Meil, et trois minutes séparent les deux références locales. Personne ne rate une mise à l’eau pour trois minutes.

Le vrai piège est ailleurs. Il est sur la hauteur d’eau.

Brest

4,88 m

marnage au
coefficient 78

Concarneau

3,72 m

marnage au
coefficient 78

Bénodet

3,79 m

marnage au
coefficient 78

Au même coefficient, le même jour. La rade de Brest amplifie la marée : plus d’un mètre d’écart avec la baie de La Forêt.

Quelqu’un qui lit les hauteurs de Brest et les applique à Beg-Meil se trompe de plus d’un mètre. Sur une rampe de mise à l’eau, sur un mouillage ou sur un tirant d’eau, un mètre n’est pas un détail. C’est la seule raison sérieuse de ne pas utiliser Brest ici : pas l’heure, la hauteur.

Ce que le coefficient veut dire sur le terrain

Le coefficient est un nombre sans unité compris entre 20 et 120. Plus il est élevé, plus la mer monte haut et descend bas. Dans la baie de La Forêt, il se traduit en mètres de façon très régulière : environ 4,6 centimètres de marnage par point de coefficient.

Ce que ça donne en mètres, à Bénodetmarnage
30
Morte-eau
1,45 m
45
Morte-eau
2,15 m
70
Bascule
3,30 m
95
Vive-eau
4,40 m
120
Grande marée
5,55 m

Marnage : différence de hauteur d’eau entre la pleine mer et la basse mer qui suit. Valeurs calculées sur le rapport observé à Bénodet, à vérifier au cas par cas dans l’annuaire du SHOM.

En dessous de 70, on parle de morte-eau : la mer ne descend pas loin, ne monte pas très haut, et les plages gardent à peu près la même surface toute la journée. Au-dessus de 90, le recul devient spectaculaire. Au-delà de 100, des zones d’estran qui restent normalement sous l’eau se découvrent.

Le cycle entre morte-eau et vive-eau dure environ quatorze jours et suit la lune. Les plus forts coefficients tombent quelques jours après la nouvelle lune et la pleine lune, quand le Soleil, la Lune et la Terre sont alignés. Le cycle quotidien, lui, dure 12 heures 25 : une marée, haute ou basse, toutes les 6 heures 12 environ.

Concrètement, un marnage de 4 à 5 mètres déplace la ligne de rivage de plusieurs dizaines de mètres sur une plage en pente douce. La plage de la cale de Beg-Meil, orientée plein est sur la baie de La Forêt, peut voir sa surface doubler entre une pleine mer de vive-eau et la basse mer qui suit.

Mettre un bateau à l’eau à la cale de Beg-Meil

La descente de mise à l’eau aménagée en 1998 reste praticable sur une large plage horaire. Mais à basse mer de grande vive-eau, l’estran se dégage sur plusieurs dizaines de mètres et le bas de la rampe se retrouve à sec, ou avec trop peu d’eau pour flotter une remorque.

La règle pratique : viser une fenêtre autour de la mi-marée, soit environ trois heures avant ou après la pleine mer. Assez d’eau pour flotter, pas encore assez de courant pour compliquer la manoeuvre. Arriver à basse mer avec un coefficient de 100 et un bateau chargé, c’est s’exposer à le tirer sur une rampe sèche.

Reste la question qu’on se pose au moment de reculer la remorque : combien d’eau reste-t-il, concrètement ? Voici les hauteurs prédites à Bénodet selon le coefficient, exprimées au-dessus du zéro des cartes marines, la référence utilisée par le SHOM.

CoefficientBasse merPleine merMarnage
302,40 m3,85 m1,45 m
452,05 m4,20 m2,15 m
701,45 m4,75 m3,30 m
851,10 m5,10 m4,00 m
1000,80 m5,40 m4,60 m
1200,30 m5,85 m5,55 m

Hauteurs calculées à partir des prédictions relevées à Bénodet sur un cycle complet de morte-eau à vive-eau, recoupées à 5 centimètres près sur les valeurs observées. Ordre de grandeur, pas garantie : la pression atmosphérique et le vent peuvent faire varier le niveau réel de plusieurs dizaines de centimètres.

Ce que ça change pour une mise à l’eau : le bas de la rampe est à une altitude fixe, c’est la mer qui monte et descend autour. Tant que la basse mer reste au-dessus d’un mètre cinquante, il y a de l’eau partout et la question ne se pose pas. En dessous de 0,80 mètre, c’est-à-dire à partir du coefficient 100, la marge devient mince. Au coefficient 120, il reste trente centimètres au-dessus du zéro : autant dire rien.

D’où la règle simple : au-delà du coefficient 90, ne calez pas une mise à l’eau sur la basse mer. En dessous de 70, vous pouvez y aller à peu près quand vous voulez.

Le piège n’est pas la mise à l’eau, c’est la sortie. Les deux basses mers de la journée sont séparées d’un peu plus de douze heures : partir à mi-marée montante le matin, c’est souvent revenir près de la basse mer suivante. Le tableau ci-dessus permet de le voir avant de partir plutôt qu’en rentrant.

Ce que la marée change, plage par plage

Le coefficient ne se vit pas de la même façon partout. L’orientation, la pente et l’exposition au vent font que la même marée donne une plage confortable ici et un piste de sable ingrat trois kilomètres plus loin.

La plage de la cale, à Beg-Meil

Orientée plein est sur la baie de La Forêt, abritée des vents d’ouest et de nord-ouest. Le meilleur moment est la marée montante, autour de la mi-marée : l’eau est calme, le fond sableux, l’accès facile avec des enfants. À pleine mer de vive-eau, la plage se réduit nettement et la mer vient au pied de la cale.

À basse mer, le fond reste très plat : il faut marcher longtemps avant d’avoir de l’eau. Confortable avec des jeunes enfants, frustrant pour nager. Et par vent d’est ou de nord-est avec une houle de secteur est, la plage prend la mer de face : ce n’est pas une plage pour tous les temps.

La pointe de Beg-Meil

Rocheuse, exposée au sud et au sud-ouest. C’est un endroit de marche et de regard, pas de baignade. Les grandes marées y sont spectaculaires : les rochers qui ceinturent la pointe se découvrent largement et les pêcheurs à pied s’y installent.

Les rochers sont couverts d’algues et restent glissants même en plein été. Déconseillé avec de jeunes enfants sans chaussures adaptées.

Le Cap-Coz

Une presqu’île étroite entre la baie de La Forêt et l’anse de Kerleven, avec de l’eau des deux côtés. La plage principale, tournée vers La Forêt-Fouesnant, est protégée et convient bien aux enfants. C’est aussi la solution de repli quand le vent d’est rend la plage de la cale désagréable.

Le piège du Cap-Coz, c’est la pointe elle-même. À marée montante, on se promène sur les rochers du bout et l’eau referme le passage derrière soi. Le retour se fait alors les pieds dans l’eau, ou par les rochers.

Kerleven et La Forêt-Fouesnant

Longue et en pente douce. Plus la pente est faible, plus le recul horizontal de la mer est important pour un même marnage : à basse mer de vive-eau, la mer laisse ici une large bande de sable ferme. Idéal pour marcher et pour jouer. En revanche, la pêche à pied y est interdite depuis février 2026 par arrêté municipal, contamination des coquillages : voir plus bas.

Le revers : à pleine mer de vive-eau, la plage se réduit à une bande étroite. Un jour de forte affluence, s’installer trois heures avant la pleine mer avec parasol et glacière, c’est se condamner à tout déplacer.

La pointe de Mousterlin

Exposée, ventée, avec un estran qui s’étend très loin en grande vive-eau. Au-delà du coefficient 100, des zones rarement accessibles se découvrent au sud de la pointe. C’est un secteur de pêche à pied identifié comme tel par la commune, qui y a pris un arrêté d’interdiction en 2024 avant de le lever début 2026. La pointe a été fermée à la pêche à pied en 2024 puis rouverte début 2026, c’est un site à vérifier avant chaque sortie.

Pour la baignade c’est plus délicat : l’exposition au vent de secteur sud rend la mer souvent agitée, et le lieu se prête moins à la surveillance de jeunes enfants qu’une plage abritée. En morte-eau et par vent faible, les conditions sont nettement plus sûres.

Les grandes marées : ce qui se découvre, ce qui menace

Au-delà du coefficient 100, la basse mer ouvre des zones que personne ne voit le reste de l’année. La côte de Beg-Meil alterne les criques de sable et les pointes rocheuses : les plages des Dunes, de Kermyl et de Kerambigorn au nord, puis vers le sud La Roche Percée, la Crique des Oiseaux, Bot-Conan et Lantecoste. Ce sont les portions rocheuses entre ces criques qui se découvrent le plus en grande vive-eau.

Les herbiers de zostères se voient en limite d’estran, reconnaissables à leurs longues feuilles vertes rubanées. Ce sont des plantes marines protégées et fragiles : on ne marche pas dessus, et on n’y mouille pas.

Le danger tient à un seul mécanisme, et il est mal connu : la mer ne remonte pas à vitesse constante. La règle des douzièmes veut que la moitié du marnage se produise dans les deux heures centrales de la montée. Autrement dit, la mer traîne au début, puis accélère brutalement au milieu. Quelqu’un qui s’est éloigné sur l’estran pendant la phase lente et qui juge sa marge sur cette impression se fait couper.

Trois réflexes suffisent : commencer à revenir bien avant l’étale de basse mer, ne jamais contourner un rocher sans repérer le chemin du retour, et se méfier des algues qui rendent la moindre dalle patinoire.

Pêche à pied : où c’est interdit, et pourquoi ça bouge

C’est le point que presque personne ne vérifie avant de descendre sur l’estran, et c’est pourtant le seul qui puisse vous valoir une amende ou une intoxication. Plusieurs gisements de la commune et des communes voisines sont fermés par arrêté municipal, certains depuis vingt ans, d’autres depuis quelques mois.

La Mer Blanche, Fouesnant

Interdiction permanente depuis 2004, reconduite par l’arrêté municipal AT-256-2014. C’est la fermeture la plus ancienne du secteur.

Interdit

Plage de Kerleven, La Forêt-Fouesnant

Interdite depuis le 4 février 2026 par l’arrêté municipal 2026-019PA, après des contrôles de l’ARS révélant une contamination des coquillages. Ramassage et consommation interdits.

Interdit

Pointe de Mousterlin, Fouesnant

Fermée en mai 2024 pour contamination bactérienne, puis rouverte par l’arrêté 2026 AT 066 après de nouveaux prélèvements conformes. Autorisée à ce jour.

Autorisé

Herbiers de zostères

Le ramassage de coquillages y est interdit partout, quelle que soit la commune. Ce sont des plantes marines protégées.

Interdit

Gisement de palourdes des Glénan

Soumis à des fermetures périodiques, notamment pour repos biologique. À vérifier avant chaque sortie.

Variable

État vérifié en août 2026 auprès des sources officielles. Ces arrêtés changent plusieurs fois par an : vérifiez avant de partir.

Deux choses à comprendre sur ces fermetures. La première, c’est qu’elles ne se voient pas sur place : l’eau est claire, le coquillage a l’air normal, rien ne signale quoi que ce soit. La seconde, et c’est la plus importante, c’est que la cuisson ne détruit pas les toxines produites par le phytoplancton. Faire bouillir des coquillages ramassés en zone fermée ne les rend pas consommables.

Avant une sortie, trois vérifications en deux minutes : la rubrique qualité sanitaire des coquillages sur le site de la ville de Fouesnant, la carte interactive de pecheapied-responsable.fr, ou un appel à la DDPP du Finistère au 02 98 64 36 36.

Les mortes-eaux, sous-estimées

En dessous du coefficient 70, la mer bouge peu. La pêche à pied devient décevante, l’estran découvert est limité et les zones intéressantes restent immergées. Mais tout le reste devient plus simple.

  • La mise à l’eau à la cale est possible à presque toute heure : la rampe reste dans l’eau.
  • Les plages gardent une surface stable toute la journée, on s’installe sans calculer.
  • Les courants sont faibles, ce qui simplifie la navigation en kayak ou en petit voilier.
  • La mer est souvent plus plate, même si le vent et la houle, eux, ne dépendent pas du coefficient.

Une même marée ne se vit pas pareil en août et en novembre

Le coefficient et l’heure sont les mêmes toute l’année. Ce qui change, c’est tout ce qu’il y a autour.

En été, une basse mer en milieu de journée à Kerleven ou à la plage de la cale, c’est la plage à son maximum de surface au moment de l’affluence maximale. Parfait pour les familles, beaucoup moins pour la pêche à pied : les zones découvertes se remplissent de monde en une heure. Une basse mer en fin de journée, vers 19h ou 20h, est bien plus tranquille, et la lumière y est meilleure.

D’octobre à avril, la même basse mer sur la pointe de Mousterlin ou entre Kermyl et Kerambigorn, c’est une autre expérience : personne, une lumière rasante, tout l’estran pour soi. En contrepartie, le froid et l’humidité rendent les rochers encore plus glissants, une basse mer matinale se fait à la frontale, et la mer remonte exactement aussi vite qu’en août.

Pour la baignade enfin, l’heure de la basse mer compte moins que la température de l’eau. En dessous de 16 ou 17 degrés, la question du coefficient devient franchement secondaire.

Ce qu’il faut retenir

Le coefficient de Brest est bon partout. Les horaires se prennent sur Bénodet ou Concarneau, trois minutes d’écart, aucune importance. Les hauteurs d’eau, elles, ne se lisent jamais sur Brest : plus d’un mètre d’erreur.

Et le reste, ce que le tableau ne dit pas, tient en une phrase : regardez le coefficient la veille pour savoir quel genre de journée vous aurez, et l’heure de la basse mer le matin pour savoir à quel moment y aller. Le reste s’apprend en marchant. Pour comprendre pourquoi la cale, elle, a été construite là et pas ailleurs, il y a l’histoire de la cale de Beg-Meil.

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