GR34, le sentier des douaniers : 10 questions pour tout savoir
Combien de kilomètres fait le GR34 ?
Environ 2 000 kilomètres, c’est le chiffre officiel de la Fédération française de la randonnée pédestre. Les relevés GPS et les topoguides donnent des valeurs plus élevées, jusqu’à 2 126 kilomètres, parce qu’ils comptent les variantes et les contournements. C’est le plus long sentier de grande randonnée de France à suivre un seul littoral, du Mont-Saint-Michel à Saint-Nazaire.
Combien de temps faut-il pour faire le GR34 en entier ?
Comptez entre 75 et 110 jours de marche. À 20 kilomètres par jour, le calcul donne une centaine de jours, soit trois mois en incluant les jours de repos. Ceux qui le font d’une traite partent plutôt en avril ou en mai, pour éviter la chaleur et l’affluence de juillet-août sur les tronçons exposés. La plupart des randonneurs le découpent en sections de quatre à sept jours, étalées sur plusieurs années.
Quelle est la longueur de l’étape moyenne ?
Entre 20 et 25 kilomètres, c’est la fourchette retenue par la plupart des topoguides. Sur les sections techniques, falaises de la presqu’île de Crozon ou passages dunaires du Finistère Sud, beaucoup descendent à 15 kilomètres pour ne pas arriver épuisés. À l’inverse, sur les portions plates du Morbihan ou d’Ille-et-Vilaine, 28 à 30 kilomètres restent tenables pour un marcheur entraîné.
Pourquoi l’appelle-t-on le sentier des douaniers ?
Parce que des agents des douanes y patrouillaient réellement, à partir de la fin du XVIIIe siècle, pour surveiller la contrebande et le pillage des épaves. Le littoral breton, découpé et impossible à contrôler depuis l’intérieur des terres, était un terrain de trafic idéal. Ces agents marchaient de pointe en pointe et de crique en crique pour repérer les débarquements clandestins. Le chemin qu’ils ont creusé par l’usage existe toujours, balisé en blanc et rouge depuis 1968.

Quelle est la partie la plus difficile du GR34 ?
La presqu’île de Crozon, sans grande discussion. Le secteur Camaret, Morgat, cap de la Chèvre enchaîne les montées et les descentes sur des falaises exposées, avec des dénivelés journaliers de 400 à 600 mètres, ce qui est rare sur un sentier globalement plat. Le cap Sizun, entre la pointe du Van et la pointe du Raz, est également exigeant : terrain escarpé, vent souvent fort, peu d’échappatoires. Les deux se trouvent dans le Finistère.
Quelle est la plus belle partie du GR34 ?
La presqu’île de Crozon revient le plus souvent dans les retours de randonneurs, et le tronçon Morgat vers le cap de la Chèvre est le plus cité : falaises à pic, criques inaccessibles autrement, vue sur la mer d’Iroise. Le cap Sizun séduit ceux qui cherchent plus minéral et moins fréquenté. Les deux s’opposent souvent dans les discussions : Crozon pour la variété des paysages, le cap Sizun pour l’atmosphère.
Peut-on faire le GR34 avec un chien, en famille, hors saison ?
Oui aux trois, avec des nuances. Le chien est admis sur la quasi-totalité du sentier, tenu en laisse, mais beaucoup d’hébergements refusent les animaux : à vérifier avant de réserver. Avec de jeunes enfants, les tronçons plats du Finistère Sud, autour de Mousterlin et de la baie de La Forêt, conviennent bien, alors que Crozon et le cap Sizun sont à éviter. Hors saison, mai-juin et septembre-octobre sont les meilleures fenêtres : hébergements ouverts, sentiers vides, et une lumière souvent plus belle qu’en plein été.
Faut-il une application ou une carte, et lesquelles sont gratuites ?
L’application Cartes IGN est gratuite et permet de télécharger le fond de carte hors ligne, ce qui suffit largement pour suivre un balisage aussi dense. Komoot et Wikiloc proposent des traces GPX partagées par d’autres randonneurs, utiles pour préparer les étapes. Pour du papier, l’IGN édite des cartes dédiées au GR34. Sur le terrain, le balisage se perd rarement, sauf en zone urbaine et à la sortie des ports : c’est là qu’une trace GPS sert vraiment.
Où dort-on sur le GR34 ?
Les gîtes d’étape labellisés « Étape Rando Bretagne » sont l’option la plus adaptée aux itinérants : nuitée à la nuitée, lingerie, parfois repas du soir, et transport des bagages vers l’étape suivante sur demande. Les campings sont nombreux à moins de deux kilomètres du sentier, surtout en Finistère et dans le Morbihan. En haute saison, réservez plusieurs jours à l’avance : sur Crozon et la Côte de Granit Rose, tout se remplit vite.
À quoi ressemble le GR34 entre Bénodet et Concarneau ?
Environ 35 kilomètres, plats, variés, accessibles à tous les niveaux. C’est le tronçon qui passe chez nous, et c’est une bonne première journée de GR34.
Le sentier quitte Bénodet par la corniche, longe la plage du Trez, puis contourne la lagune de la Mer Blanche avant d’atteindre la pointe de Mousterlin. Ce passage entre dunes, marais et mer ouverte est l’un des plus singuliers du Finistère Sud : le dénivelé est quasi nul mais le paysage change tous les cinq cents mètres, entre zones humides protégées et vue sur l’archipel des Glénan par temps clair.
Il remonte ensuite vers la pointe de Beg-Meil, où la cale de Beg-Meil fait une halte naturelle, avant de longer la falaise sous les pins maritimes. Les vues plongeantes sur les criques en contrebas sont la belle surprise de cette section. Attention en revanche aux passages bas près du marais de Mousterlin : ils se traversent nettement mieux à marée descendante, un coup d’oeil aux horaires de marée avant de partir évite les pieds mouillés.
Après le Cap-Coz, le sentier rejoint la digue qui mène au port de plaisance de Port-la-Forêt, longe l’anse de Saint-Laurent, puis entre dans Concarneau par le bord de mer. Aucune difficulté technique sur tout le tronçon : c’est une randonnée à la journée parfaitement faisable au départ de Beg-Meil.
Photo de couverture : la pointe de Mousterlin à marée basse. Photo Llann Wé², CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
